Charles-Philippe Ronsin, né le à Soissons, et guillotiné le 4 germinal an II () à Paris, est général de division de la Révolution française.

Biographie Jeunesse et formation Fils d'un maître tonnelier de Soissons, sans doute aiséGénéral Herlaut, Le Général rouge Ronsin, Clavreuil, ParisGeorges Lefebvre, recension de Le général rouge Ronsin (1751-1794). La Vendée. L'armée révolutionnaire parisienne par le Général Herlaut, Annales historiques de la Révolution française, 29 Année, n° 148 (Juillet-Septembre 1957), pp. 268-272, Charles-Philippe Ronsin fit de bonnes études, probablement au collège de sa ville natale. Il fut élevé par les Oratoriens de cette ville. À 17 ans, il s'engage le au régiment d'AunisHistoire de la terreur, 1792-1794, 1881, p. 383, preuve d'un tempérament enclin à l'aventure romantique. Au bout de quatre ans, le , il abandonne la carrière militaire avec le grade de caporal, vraisemblablement parce qu'il s'est rendu compte que l'avenir d'un roturier dans l'armée de l'Ancien régime ne répondait pas à ses espoirs juvéniles. Il devient alors précepteur des enfants du baron de Genas, aux environs de Nîmes. Carrière littéraire Venu à Paris, Ronsin est pensionné par le duc de Chartres et entreprend de chercher la gloire dans la littérature dramatique. Entre 1783 et 1786, il compose plusieurs tragédies qui sont refusées l'une après l'autre par la Comédie-Française. Il n'obtient même pas un succès d'estime. En 1787, il espère que la célèbre Mlle Raucourt jouera une Jeanne d'Arc de sa composition, qui est acceptée par les Comédiens du Roi. Pendant deux ans, il la corrige à leur demande, mais c'est un nouvel échec. En 1791, lorsque les entreprises théâtrales sont déréglementées et qu'il devient permis à tout citoyen d'ouvrir un théâtre, Boursault fonde le théâtre politique le plus radical de son époque, qui porte le nom quelque peu trompeur de Théâtre Molière. Parmi les premières pièces produites dans ce théâtre figure la virulente tragédie antiroyaliste, antiaristocratique et anticléricale La ligue des fanatiques et des tyrans, dont l'auteur n'est autre que le futur général de brigade RonsinPaul Friedland, Political Actors: Representative Bodies and Theatricality in the Age of the French Revolution, Cornell University Press, 2018, p. 176. Ces échecs répétés l'aigrissent contre un régime qui n'a pas reconnu son talent. Il publie néanmoins en 1786 Théâtre de M. Ronsin imprimé au profit de sa belle-mère. Entre-temps, il s'est marié, sans qu'on connaisse le nom de sa première femme. Il se lie alors avec Jacques-Louis David. Aigri et besogneux, il convole une seconde fois en 1793.

La Révolution Accueillant avec plaisir la Révolution, il devient capitaine de la garde bourgeoise du district de Saint-Roch en et fait représenter plusieurs pièces patriotiques dans les théâtres de la capitale entre 1790 et 1792 (Louis XII, père du peuple, La ligue des fanatiques et des tyrans, Arétaphile, La fête de la liberté). En il s'installe dans la section du Théâtre-Français, où il fréquente le Club des cordeliers. Jusqu'au , on ne sait pas grand-chose de son rôle politique, mais il a dû se signaler comme militant puisqu'après cette journée, il est inscrit sur la liste des commissaires du Conseil exécutif. Ainsi commence sa brève carrière historique. En août et en septembre, le Conseil exécutif lui confie trois missions. Après sa mission durant l'automne 1792, le le ministre de la guerre Pache le nomme commissaire-ordonnateur en Belgique auprès de l'armée du Nord de Dumouriez. À ce poste il dénonce les exactions des fournisseurs aux armées protégés par le général. Ensuite Monge lui confie une mission dans le Nord. Le , quand Bouchotte accède au ministère de la Guerre, Ronsin obtient l'une des directions qui s'en partagent les bureaux. Dès le mois de mai, il part en Vendée, chargé d'assurer les fournitures nécessaires aux armées ; en fait, collaborant avec les nombreux représentants qui siègent à Saumur et à Tours, il joue un rôle considérable dans la surveillance politique et dans la direction des opérations militaires.

Carrière militaire Devenu l'un des meneurs du parti sans-culotte, couramment appelé hébertiste, lié avec Vincent, qui est tout puissant au Ministère de la Guerre, il est nommé le capitaine au régiment de cavalerie, puis chef d'escadron le , adjudant-général chef de brigade le , et général de brigade employé à l'armée des côtes de La Rochelle le suivant. Ancien soldat, il n'a pourtant aucun fait d'arme, aucun commandement à son actif et cette subite promotion lui vaut beaucoup d'ennemis. Il fait nommer général en chef Rossignol, ancien soldat aussi, qu'on représente comme son « mannequin ». En il devient général en chef de l'armée révolutionnaire de Paris. Rentré à Paris à la fin de septembre, il conduit un détachement de l'armée révolutionnaire à Lyon où il parvient le . Il y séjourne moins d'un mois et joue un grand rôle dans la répression : il approuve celle-ci, est en bons termes avec Collot d'Herbois et lui recommande Parein. Violent et d'un tempérament emporté, il se révèle cependant un bon administrateur, honnête et intelligent, dans ses différentes fonctions. Son ascension fulgurante et son caractère lui valent toutefois de nombreux ennemis, en particulier Philippeaux.

Arrestation et exécution Le il est arrêté à la demande de Fabre d'Églantine, avant d'être libéré un mois et demi après le , avec Vincent, grâce à une campagne des Cordeliers en sa faveur. Adversaire du modérantisme, il défend devant les Cordeliers l'appel à l'insurrection des Hébertistes le . Toutefois, cinq jours après, il revient sur ses propos et défend un programme d'union des républicains. Ses maladresses favorisent la thèse d'un complot militaire, visant à remplacer le gouvernement révolutionnaire par une dictature militaire, avec l'aide de l'armée révolutionnaire, défendue par Fouquier-Tinville, qui le présente comme un « nouveau Cromwell ». Arrêté le , il est guillotiné avec : Vincent, Momoro, De Kock et Cloots le . Lors de son exécution, il fait preuve d'un remarquable courage. Trois jours après sa mort, l'armée révolutionnaire est licenciée.

Déclaration 2271 du 25 ventose an II Alexandre Tuetey, Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française Tome 10 déclaration 2271 page 512.

Déclaration 2321 du 20 pluviose an II

Alexandre Tuetey, Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française Tome 10 déclaration 2321 page 530.

Bibliographie 1786 -Théatre de M. Ronsin, imprimé au profit de sa belle-mere. A Paris: De l'imprimerie Cailleau 1789 - La ligue aristocratique, ou, Les catilinaires françoises. Paris: Au Palais-Royal, de l'imprimerie de Josseran 1790 - Louis XII, Père du Peuple. Tragédie, dédiée a la Garde Nationale. A Paris, chez L. Potier de Lille 1792 - Discours prononcé par Ch. Ph. Ronsin, le samedi 18 août 1792, l'an 4ème. de la liberté et le premier de l'egalité, à la section du Théâtre François, dite de Marseille, à l'occasion de la cérémonie funèbre ordonnée en l'honneur de nos frères d'armes morts à la journée du 10, pour la défense de la liberté et de l'égalite. A Paris: De l'imprimerie de Pougin 1792 - Grand discours fait par Ch.-Ph. Ronsin, l'an 4me. de la liberté, et le 1er. de l'égalité, à l'occasion de la cérémonie funèbre, faite le 26 août 1792, au jardin des Tuileries, ordonnée en l'honneur de nos frères d'armes morts à la journée du 10, pour la défense de la liberté et de l'égalité. Paris]: De l'imprimerie de Pougin 1793 - Arétaphile, ou, La révolution de Cyrene : tragédie, en cinq actes, en vers, faite en 1786. Représentée, pour la première fois, sur le théâtre de la rue de Louvois, le 23 juin 1792. A Paris, Chez Guillaume, junior

Notes et références

Sources

Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Quadrige/PUF, 1989, article « Ronsin, Charles Philippe » de Raymonde Monnier

Liens externes

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